Avr 282016
 

Témoignage d’Auguste Dorléans, membre du Service Diocésain de la Diaconie.

              En 2009 notre Archevêque a créé une Délégation à la Solidarité et nommé un délégué à la solidarité.

          1bisCe délégué avait pour mission, en lien avec les Présidents(es) des Mouvements et Services d’Eglise, d’alerter l’Eglise diocésaine sur les situations de détresse ou de précarité vécues sur le territoire du diocèse et de proposer des actions en réponse. Accessoirement mais impérativement de témoigner d’une coordination minimale indispensable. Il lui a toujours manqué d’être une force de proposition.

          Dès 2010 a surgi le projet Diaconia 2013 et le Conseil de Solidarité est devenu naturellement le Comité de Pilotage du diocèse pour le rassemblement « DIACONIA 2013 » à Lourdes. Une centaine de fidèles a fait le déplacement dans un bel élan de solidarité avec notre archevêque. Bénévoles, jeunes, et personnes en situation de détresse ou de précarité ont été représentés à égalité et sont venus en tant que délégués du diocèse pour chaque doyenné. Tous les doyennés ont eu des représentants.

           Ce que nous y avons vécu a changé la donne. Il ne pouvait être question en revenant que nous reprenions les habitudes d’un Conseil sympathique certes mais incapable de propositions communes et pas davantage d’avoir un rôle de « veilleur » auprès de l’Evêque. La part prise par les « blessés de la vie » dans l’animation de ce rassemblement de Lourdes, le climat extraordinaire de fraternité vécue et d’enthousiasme qui a fait danser l’assistance dans la basilique Pie X (ou XII ?) nous ont amenés à reconsidérer ce que pouvait devenir ce Conseil.

           2On s’est ainsi fait une « charte » du Conseil Diocésain de la Diaconie, spécifiant qu’on ne parlerait plus de solidarité sans la présence de personnes éprouvées par la vie ni en aucun cas à leur place. La meilleure définition donnée de la diaconie a été de l’un d’eux : un « service des blessés de la vie ». Leur présence habituelle a déclenché un extraordinaire climat de fraternité à chaque rencontre.
De 12 personnes deux heures en soirée trois fois par an à Issoudun, nous sommes passés à 40 présents sur deux journées annuelles et les « pauvres » ont pris la parole, il n’y avait plus qu’eux qui parlaient. Chacune de ces journées a été vécue passionnément en fraternité.

          Le premier Conseil de Diaconie s’est passé à PELLEVOISIN. Le doyenné de BRENNE-TOURAINE était invité à dire comment se vivait la diaconie sur son territoire. Et de là est venue l’idée de tenir des Conseils itinérants ou des « visitations », selon le mot de Pascal Petit.
C’est au cours de ce Conseil que Sr Claudette ROBIN a dit : « il ne nous manque que les Voyageurs », nous avions en effet des personnes en situation d’handicap, d’autres en grande précarité, en chômage, solitude et autres détresses mais aucun Voyageur. Leur marginalisation ne pouvait se concevoir sans se renier, leur particularisme obligeait à revoir notre approche. La réponse est venue : eh bien un prochain Conseil sera avec les Voyageurs. Deux autres Conseils ont suivi, l’un à St AMAND, le suivant à la paroisse St JEAN de BOURGES pour le doyenné du même nom.

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          1Dans l’idée de faire quelque chose avec les Voyageurs il fallait rester fidèle à la notion de territoire et tout naturellement le prochain doyenné serait le VAL DE CREUSE, celui comportant le plus grand nombre de Voyageurs en résidence. Il fallait trouver un lieu de rassemblement, si possible en plein air et disposant d’espace suffisant… il y avait aussi cette idée forte qu’on s’était fait un jour d’aller en tenir un à FONTGOMBAULT.

          Le murissement et la réflexion sur ce que l’on pouvait et voulait faire, le concours du Père Pascal PLOUVIN, prêtre référent à l’aumônerie des gens du voyage, acquis dès le départ à l’idée puis les sondages effectués auprès de représentants des Voyageurs nous ont confortés dans l’idée de solliciter FONTGOMBAULT. L’accueil chaleureux et immédiat de Dom Jean PATEAU dès qu’il se fut assuré des bases de notre projet a permis de lui donner son contour définitif.

          Voilà la genèse du projet.

          Dans sa configuration , ce Conseil Diocésain de la Diaconie, Conseil de l’Evêque, donc toujours présidé par lui-même ou exceptionnellement par son Vicaire Episcopal à la Solidarité Bertrand GODEFROY, est destiné à vivre la fraternité là où il se déplace en donnant la parole à ceux qui habituellement ne l’ont pas, ceux qui ne comptent pas et à qui le Royaume a été révélé plutôt qu’aux savants et aux instruits.

           Cette visitation ou itinérance du Conseil est destinée à faire le tour des douze doyennés en leur permettant de vivre une journée en lien avec le Conseil diocésain de la Diaconie, chez eux, et de témoigner de leur vie diaconale en présence de leur archevêque. La solidarité ne se parle pas elle se vit

           Il n’y a pas de forme figée et la préparation se fait obligatoirement avec les représentants désignés de ce doyenné sous la conduite de leur curé-doyen ou avec le curé-doyen lui-même.

          Aucun ne ressemble au précédent, cela permet à chacun de mettre son empreinte originale. Quelquefois on peut être « dérangés » : une classe de « caté » est venue nous interviewer pendant une heure à St Jean sur ce qu’était la solidarité. On a stoppé notre programme pour écouter ces « envoyés du Seigneur » ils ont été au centre de la demi journée. A deux reprises nous avons fait venir un théologien issu d’ATD Quart Monde, Jean Claude CAILLAUX.

            3Cela a été très fort ce 10 Avril 2016 à FONTGOMBAULT

          La messe dominicale déplacée des deux paroisses à l’Abbaye Notre Dame de Fontgombault a été également déterminante et a donné le ton de l’implication nécessaire et voulue.

           Cette opposition apparente entre le « vœu de stabilité » des uns et l’identité de « Voyageurs » des autres n’a pas été le moindre paradoxe. Il serait tout aussi passionnant de rechercher ce qui rapproche ces deux cultures hors du monde commun. Le témoignage d’une foi commune entre les trois communautés était permanent.

          Les moines ont été le « ciment » de ce rassemblement voulu des trois communautés vivant sur le territoire de ce doyenné, le ciment tiendra bon. Le rassemblement de deux communautés seulement, quelles qu’elles soient, sans la troisième, n’aurait pas eu de sens. C’est l’originalité de ce doyenné et sa richesse extraordinaire. Cette fenêtre de beau temps entre deux journées exécrables…surprenante.

          Il s’est passé quelque chose du matin au soir à FONTGOMBAULT ce 10 Avril 2016, la fraternité était bien au rendez-vous.

Auguste Dorléans  le 12 Avril 2016

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