Juin 032016
 

          Aujourd’hui, c’est la solennité du Sacré Cœur de Jésus, laquelle est colorée d’une tonalité particulière par le Jubilé de la miséricorde.

          DSCN3684A cette occasion, la liturgie (et l’ornementation de la porte latérale à l’église St Génitour ….) nous donne à méditer l’évangile du Bon Pasteur, tel que rapporté par Luc en son chapitre 15. Une parabole chère au pape François dont nous reprenons largement ici les propos, donnés lors de l’audience générale du 4 mai dernier. (Notons en passant qu’un certain nombre de commentateurs du pape s’accordent à penser que ce texte offre  un condensé de la pensée du pape, et donc des clefs de lecture pour ses autres écrits, notamment “Amoris Laetitia”).

          Pour François, la parabole du Bon Pasteur « représente la sollicitude de Jésus envers les pêcheurs et la miséricorde de Dieu qui ne se résigne pas à perdre quelqu’un. » A ce titre, elle est significative de la manière avec laquelle nous sommes appelés à vivre notre foi, d’autant que le contexte met en valeur d’un côté, la trajectoire des pêcheurs qui s’approchent de Jésus pour l’écouter ; de l’autre, celle des scribes qui s’éloignent de lui en rejetant ses propos et ses attitudes. Celui qui désire s’approcher sans cesse plus du Christ est ainsi invité à bien comprendre ce qui nous est dit là !

          La figure du Bon Pasteur est toute entière tendue vers la brebis égarée de sorte que : « le pasteur saura trouvé là où est la brebis égarée », nous dit le pape. « Il faut donc chercher le Seigneur là où il veut nous rencontrer, pas où nous prétendons le trouver ! » insiste-t-il ! Nous sommes invités à contempler ce qui a déjà été mis en valeur au cours de nos conférences bibliques de l’Avent sur la miséricorde de Dieu : celle-ci  va de pair avec la liberté de Dieu qui ne se laisse pas emprisonner par le troupeau. Les 99 brebis ne peuvent retenir le Pasteur, et nous invitent ainsi à entrer dans une humilité de l’Eglise et de nos communautés paroissiales : le troupeau, dit François « ne possède pas le Seigneur, il ne peut avoir l’illusion de l’emprisonner dans nos schémas et dans nos stratégies. »

          « Nous sommes tous des brebis retrouvées et rassemblées par la miséricorde du Seigneur, appelés à rassembler avec lui tout le troupeau. » Ce qui implique que nos communautés cultivent l’élan missionnaire du Bon pasteur qui jamais ne renonce à chercher celui qui s’est perdu. Des communautés résignées à l’éloignement et la perte de leurs frères courent le risque de se refermer sur elle-même. Le Pape François a des paroles fortes à ce sujet et n’hésite pas à dire :  « (…) c’est alors que nous courrons le danger de nous enfermer dans une bergerie, où il n’y aura pas l’odeur des brebis, mais la mauvaise odeur du renfermé ! (…) Il faut sortir et ne pas se renfermer sur soi-même, dans les petites communautés, dans les paroisses, en se considérant comme “les justes”. »

          La miséricorde du Bon Pasteur, qui n’a de cesse que de retrouver sa brebis égarée, est le style de Dieu. « L’action de Dieu est celle de celui qui va à la recherche des enfants perdus (…) »

          « Aucune distance ne peut garder le pasteur éloigné ; et aucun troupeau ne peut renoncer à un frère. ». En cette solennité du Sacré Cœur, demandons cette grâce d’un cœur qui soit configuré à celui du Christ, celui du Bon Pasteur, un cœur débordant d’élan missionnaire, pour une vie paroissiale sans cesse plus dynamique et créative !

Père Patrick

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