Juil 062016
 

         A l’occasion du pèlerinage des Pères de familles, un enseignement largement inspiré des propos du pape François à été donné, à propos du péché et de la miséricorde. Nous le redonnons dans cet article, accompagné de quelques photos du pélé.

            Il y a quelques jours (mercredi dernier), nous célébrions la solennité de St Pierre et St Paul, les deux colonnes de l’Eglise. Pierre, à qui furent confiées les clefs du Royaume des Cieux, et Paul, l’apôtre des païens. L’un et l’autre sont objet d’une légitime vénération de la part des fidèles, mais l’un et l’autre ont pour point commun d’avoir une sainteté d’abord ancrée dans la miséricorde, puisque l’un et l’autre sont des pêcheurs lamentables !

            Pierre, c’est le lâche, le traitre, le trouillard, le soi-disant fidèle celui qui renie le Christ publiquement et qui s’enfuie lors du procès ! Paul, c’est l’immonde persécuteur, l’ennemi juré, celui qui traque les premiers chrétiens, les maltraite, probablement jusqu’à la mort. Inacceptable !

            Copie de Pélé Pères Fontgombault 002Si Pierre et Paul sont ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est donc qu’à un moment, ils ont fait l’expérience de la miséricorde, ce qui suffit pour comprendre combien cette miséricorde divine est fondamentale pour notre vie chrétienne. Pierre et Paul sont saints, parce qu’ils ont été « miséricordisés », pour reprendre l’expression du pape François qui, à desseins, force les mots. Ils sont saints, non parce qu’ils seraient parfaits, mais parce qu’ils sont des pêcheurs pardonnés. Si à leur suite, nous voulons devenir saints il est incontournable de commencer par être des pêcheurs pardonnés, des personnes « miséricordisées » par le Père.

          Qu’est-ce à dire ?

          Pour le pape François, la miséricorde met en contact une misère humaine avec le cœur de Dieu. De la sorte, nous sommes invités à prendre conscience de nos misères, particulièrement cette misère qu’est le péché, y compris et surtout le plus minable et le plus honteux, dans toute ses dimensions et conséquences, car c’est là, en cela, que Dieu viendra au contact. Cette lucidité s’obtient comme une grâce, celle d’un Dieu qui pour offrir la guérison et indiquer la thérapie, commence par dire le diagnostic. N’ayons pas peur d’en faire une intention de prière, d’oser nous adresser à lui pour demander à ce qu’il ouvre nos yeux sur nos propres péchés. En Marc 3, 5, l’évangile nous dit : « Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, Jésus dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. ». Faisons notre cette phrase avec l’intention suivante : « promène sur moi ton regard de colère, navré de l’endurcissement de mon cœur, et montre-moi quel est mon péché ! ». Devenus progressivement lucide sur notre péché, nous deviendrons capable de le nommer, et, à la mesure et au gré de la grâce, d’en mesurer la gravité.

          Cette misère qu’est notre péché, il nous faut consentir à la connaître, quand bien même cela nous serait Pélé Pères Fontgombault 015inconfortable et douloureux, car elle est ce point de contact entre nous et le cœur de Dieu. Dire qu’il est le Sauveur, c’est croire qu’il s’intéresse prioritairement à ce en quoi nous avons besoin d’un salut, ce dont nous avons besoin d’être sauvé. Le Pape François affirme donc qu’il nous faut utiliser notre péché comme « réceptacle de la miséricorde ». Concrètement, cela se traduit par la fait que notre prière doit se concrétiser dans notre péché qui demande que sa miséricorde repose sur nous, là où nous sentons le plus de honte, là où nous souhaitons le plus réparer. En cela, nous vivons déjà de la grâce : si nous utilisons notre péché comme réceptacle de la miséricorde de Dieu, cela signifie que non seulement il n’est plus ce qui fait obstacle en Dieu et nous, mais que par grâce, il devient ce qui nous ouvre à Lui.

          Or cela ne va pas de soi ! Nous peinons à reconnaître Dieu comme miséricordieux, de sorte qu’au lieu d’exposer nos péchés à son regard et à sa grâce, nous tentons de les lui cacher en essayant vainement de nous sauver par nous-mêmes. C’est la tentation du pharisaïsme, de celui qui par ses propres forces essaie de conquérir sa perfection avant de se juger lui-même digne ou non du Royaume. Ainsi, nous mettons des préalables à la relation avec Dieu : je prierais lorsque je m’estimerais assez pur pour le faire ; je communierais lorsque je serais tout propre et immaculé … et nous conditionnons notre relation à Dieu à notre plus ou moins grande perfection morale, à notre sainteté supposée … nous n’osons aller vers lui que lorsque nous avons évacué toute honte de ce que nous sommes et pour ce que nous faisons. Or, la sainteté est une grâce, elle est la conséquence de la miséricorde divine et non la cause !

         Pélé Pères Fontgombault 020 Croire en un Dieu miséricordieux, c’est oser se présenter à lui avec nos péchés, à cause d’eux, pour eux, sans attendre d’avoir évacué la honte qu’ils nous causent. Le Pape François évoque la “honteuse dignité” du fils prodigue, affirmant que « le sentiment de honte pour les péchés personnels et le sentiment de la dignité à laquelle Dieu nous élève, peuvent cohabiter, dans une saine tension. » Certes, il est parfois franchement difficile de se regarder en face : nous avons en nous des choses ténébreuses, de celles qu’on n’évoque peut-être jamais, ou seulement à un confesseur choisi parce qu’on ne le reverra jamais et qu’il ne nous connait pas. Il y a des choses obscures dont nous ne savons pas nous débrouiller au plus intime de notre cœur, mais c’est justement toute cette saleté-là qui peut devenir réceptacle de la miséricorde, pourvu que nous consentions à venir à Dieu avec nos hontes.

          St François de Sale disait que Dieu proportionne sa grandeur à notre petitesse … alors, n’ayons pas peur !

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