Mai 022013
 

Saint Vincent de Néons

Le village de Néons sur Creuse se trouve de « l’autre côté » de la Creuse par rapport à Tournon saint Martin. De nombreuses histoires locales rappellent une époque où la Creuse servait de frontière entre deux régions : le Berry et le Poitou.

Saint Vincent de Néons

Placée sous le patronage de saint Vincent, elle nous rappelle un temps où les vignes devaient être nombreuses…
 

 L’église de Néons fut construite au XIIème siècle. Il n’en reste aujourd’hui que le chœur, les piliers des côtés et les bas des murs, ainsi que le portail d’entrée.

Le XVème siècle voit la chapelle de la sainte Vierge s’édifier ainsi que l’autel polychrome et, semble-t-il, les stalles s’installer.

Le clocher actuel date du XIXème siècle, époque à laquelle l’église a été remise en état et reconstruite pour une part.

 

L’histoire de Néons

A l’époque Gallo-Romaine, de nombreux villages s’élèvent tout au long des cours d’eau. les vallées de la Creuse, de l’Anglin et de la Gartempe furent des sites privilégiés d’habitat préhistorique. Néons sur Creuse en fera partie.

Une concentration importante de monuments en témoignent autour de la commune. Une grande voie romaine rejoignait Le Blanc qui était un carrefour incontournable de l’époque. Tours, Orléans, Bourges, Poitiers et Limoges, toutes ces directions convergeaient et se rejoignaient au Blanc. Tournon St Pierre était également reconnu comme un lieu d’échanges commerciaux entre les tribus pictonnes (Poitiers), Bituriges (Bourges) et Turonnes (Tours).

Le village de Néons se nommait Néomagus ou Novomagus, les deux appellations sont employées dans les documents retrouvés.

Des fouilles organisées en 1967 sur la commune ont fait apparaître, dans les jardins de la cure, les vestiges d’un mur d’enceinte identifié comme celui d’une villa gallo-romaine. D’autres fouilles effectuées à Champagne, certifieront que Néons était un site mérovingien et carolingien du haut moyen-âge. Un souterrain sera mis à jour entre le château et l’église. Quelques tombes et pierres tombales mérovingiennes et carolingiennes découvertes place de l’église et dans le jardin du presbytère attestent de la présence d’un cimetière médiéval conséquent. Tous ces indices confirment l’importance au niveau régional du site de Néons, au haut moyen-âge.

 

Avant la révolution, St Vincent de Néons faisait partie intégrante du Poitou, aussi bien sur le plan civil que religieux. La paroisse était sous la responsabilité de la puissante baronnie d’Angles. Son territoire était beaucoup plus étendu, il englobait environ un tiers de l’actuelle commune de Lurais.

La région était sous les tutelles des châtelleries qui avaient remplacées les vigueries.

Les plus importantes étaient les suivantes :

  •  la maison de Néons, fief de la famille Trochet, propriétaire du château. Elle donna naissance à René Dutrochet, membre de l’académie de sciences, auteur de la théorie de l’endosmose et de l’exosmose. Il fut contemporain et élève de Geoffrey St Hilaire, naturaliste français fondateur de la ménagerie du jardin des plantes à Paris en 1793.
  • la maison du Plessis, berceau des ancêtres du cardinal Richelieu
  • la maison de Thais, lieu de naissance de Jean Coudouin de Thais, pannetier de françois 1er en 1522. Il participera efficacement en 1544 à la bataille de Cérisoples en Italie contre les espagnols et les impérieux comme conseiller du Duc d’Enghien. Il sera nommé colonel général d’infanterie et maître artilleur de France.
  • la maison d’Issoudun, ou la légende rapporte que Du Guesclin y aurait séjourné avant d’aller combattre les anglais à Angles. Une chapelle dédiée à Marie Madeleine sera édifiée sur les terres de la maison d’Issoudun en XIème siècle.
  • le prieuré de la Serpouillère situé au bourg de Champagne. Détruit à la révolution, les terres ont été vendues, il n’en reste aucune trace.

 

Au IXème siècle, la châtellerie d’Angles comprenait les communes de Mérigny, Lurais et Néons. La paroisse de Fontgombault était la seule à dépendre du diocèse de Bourges.

Notre pays était divisé en paroisses, les évêques possédaient les mêmes droits que les laïcs. Ils faisaient la guerre comme des civils. Ils exerçaient les mêmes pouvoirs, levaient les impôts, rendaient la justice (haute, moyenne et basse justice) comme les seigneurs sur leurs terres.

Jamais le clergé ne sera aussi puissant qu’à ce moment de l’histoire.

 

La guerre de cent ans va changer cette donne. Le déclin sera amorcé par un affaiblissement considérable des prérogatives du clergé. Les paroisses et autres prieurés seront rançonnés, ravagés et laissés dans le désarroi le plus total par les troupes en guerre.

Pendant toute la guerre de cent ans, notre province fut le théâtre de lutte incessante avec son lot de désolation. Après 1356, avec la défaite de Poitiers, les Anglais régneront en maître sur tout le Poitou. Le clergé et tous les habitants n’aimaient pas les Anglais, mais ils les supportaient, contraints et forcés.

 

A partir de 1369 la victoire va changer de camp, les hostilités vont reprendre de plus belle. En juillet 1369, Jean De Kerlouet s’empare de La Roche Posay. La même année, Louis de Saint Julien libère l’abbaye de Saint Savin.

En 1370 ce fut le tour de Jean De Villemur de reprendre Le Blanc. Enfin, Du Guesclin porte un coup fatal aux occupants, en faisant son entrée dans Poitiers.

Les Anglais sont battus. Néons redevient français.

 

 


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