Jan 022016
 

               Le temps de Noël nous est donné pour qu’en faisant mémoire de l’incarnation du Christ, nous apprenions à discerner comment il vient encore aujourd’hui prendre corps parmi les Hommes et apporter le Salut. A l’école de l’évangile, laissons l’Esprit Saint éclairer notre regard pour réapprendre à le reconnaitre, tel qu’il se manifeste au milieu de nous, dans nos vies telles qu’elles sont.

                20151226_222158_resizedParmi les points de repères offerts par l’évangile de la nuit de Noël, choisissons d’insister sur ce qui nous est répété par deux fois : Luc (2, 7) nous dit de Marie que « (…) elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, (…) ». Les anges, en Luc 2, 12, donnent cela comme signe aux Bergers : « Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Le texte précise avec insistance que l’enfant de la crèche a revêtu les habits de son époque, adaptés à son âge.

                Chercher le Christ dans le concret de nos vies humaines, ce n’est donc pas chercher un Dieu nu, dévêtu, mais quelqu’un d’emmailloté, quelqu’un d’habillé. C’est une manière d’expliquer le mystère de l’incarnation célébré à Noël : Dieu a revêtu notre humanité, un peu comme un vêtement, il a endossé notre condition humaine pour se rendre visible et accessible à tous. Avant que Paul ne nous invite à revêtir le Christ par le baptême (Galate 3, 27), c’est Dieu qui, en Jésus-Christ, s’est paré du manteau de l’humanité !

               Qui plus est, il ne s’habille pas de l’humanité parfaite et sans défaut d’un surhomme. Il assume l’humanité faible et fragile d’un nouveau-né. De la crèche à la croix, le Christ est Dieu fait homme dans la vulnérabilité et la pauvreté de notre condition. Le signe qui nous est donné, c’est de chercher Dieu dans le concret de notre condition humaine, parfois belle, parfois abimée par l’existence. Apprendre à le reconnaître tel qu’il se manifeste dans l’épaisseur de notre humanité, alors même qu’elle est une humanité encore inachevée, blessée par le péché et les aléas de l’existence, marquée par tant de fragilités et de faiblesses.

               20151226_222254_resizedCe Dieu habillé, emmailloté dans l’humanité, en dit long sur ce qu’est la vocation de l’Église en général et de nos communautés paroissiales en particulier. De fait, c’est Marie qui emmaillote le Christ. Et Marie est l’icône de l’Église. Ainsi, lorsque l’Église baptise, elle permet au Christ de s’emmailloter dans l’humanité des catéchumènes. Lorsque des baptisés visitent leurs frères malades, c’est le Christ, revêtu de l’humanité des membres du Service Évangélique des Malades ou de l’Aumônerie de l’Hôpital, qui visite nos frères et sœurs atteints dans leur santé. Lorsque les bénévoles du Secours Catholique viennent au secours des plus pauvres, c’est le Christ en eux, qui montre sa sollicitude aux blessés de la vie. Lorsque le Christ veut engager une conversation avec les enfants pour se révéler à eux, il s’emmaillote de l’humanité des leurs parents et des catéchistes. Et comme au jour de la nativité, il se revêt de nos humanités telles qu’elles sont, marquées par la faiblesse et la fragilité.

              Et ce mystère de l’incarnation est lié à celui de l’eucharistie dans lequel il s’actualise. Le signe qui nous est donné est celui d’un enfant emmailloté et … couché dans une mangeoire. Il s’offre en nourriture dès cette nuit de la nativité. Le Verbe qui se fait chair, c’est la Parole de Dieu qui prend corps. Cela se vit lorsque la Parole de Dieu produit un effet, lorsqu’elle a une incidence sensible sur nos existences. A chaque fois que nous la mettons en pratique, cette Parole ne reste pas lettre morte, mais devient Parole vivante, ayant un impact sur les personnes et les évènements. Elle devient concrète, et ce faisant, elle prend corps. Aussi, lorsque nous faisons ce que Dieu nous dit, nous nous rendons participants du mystère de l’incarnation, puisqu’à la suite de Marie, pour ainsi dire, nous emmaillotons le Verbe de Dieu dans notre humanité.

             20151226_222431_resizedAinsi notre vie devient eucharistique. Car le plus étonnant dans ce mystère, ce n’est pas que nous ayons suffisamment Foi en Christ pour croire que ce pain et ce vin deviennent son corps et son sang. Le plus étonnant, c’est que le Christ ait suffisamment confiance en nous pour croire qu’en mangeant ce pain, nous accepterons de devenir son corps, c’est-à-dire le moyen privilégié de sa présence et de son action dans le monde, aujourd’hui ! De même qu’hier, le Christ a pris chair de la Vierge Marie, il prend corps aujourd’hui en son Église, à la mesure avec laquelle nous lui offrons nos humanités fragiles et vulnérables comme le vêtement dont il se pare et s’emmaillote.

             Que ce temps de Noël nous réapprenne à offrir au Verbe de Dieu nos humanités parfois pauvres, mais choisies par lui pour devenir le temple de sa présence réelle au milieu des Hommes de ce temps.

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