Juil 202016
 

          A l’occasion du pélé des pères de familles, nous avons pris le temps d’une méditation sur l’histoire du paralytique porté par 4 hommes, tel que l’évangile de Marc (Mc 2, 1-12) le raconte. Il est peut-être bon de partager cette réflexion à un auditoire plus large …  

    image040Dans cet évangile, Jésus est entouré par une foule manifestement nombreuse. Il est un prédicateur à succès qui attire à lui des gens avide de l’entendre. Mais l’évangile précise que l’affluence a pour effet de boucher la porte de la maison où il se tient. Il est même précisé qu’il n’y a plus de place.

          Autrement dit, alors que tout semble bien aller, il y a quand même un problème : Jésus parle, l’Evangile est annoncé, de nombreuses personnes l’entendent, mais paradoxalement, l’accès à la maison dans laquelle il est présent, dans laquelle sa parole retentit, bref, l’accès à la maison de Jésus et donc au Christ lui-même, est bouché !

          Or, il y a là un paralytique, c’est-à-dire quelqu’un qui ne peut accéder à Jésus par lui-même, non seulement parce-que l’entrée est bouchée, mais aussi parce qu’il en est personnellement incapable ! Alors même que tout va bien, il est une personne qui ne peut avoir accès au Christ en passant par la même voie que les autres ! Il y a là aussi 4 porteurs, qui (il faut quand même se représenter la scène …)  vont “démolir” une partie de la maison, pour créer un passage possible à ce paralytique, de sorte qu’il puisse approcher du Christ. Il doit en falloir de l’audace pour oser faire cela ! Quitte à démolir un peu les murs existants, ils créent une ouverture nouvelle pour que le paralytique puisse quand même approcher de Jésus-Christ, et bénéficier de sa grâce !

          Après avoir passé une porte Sainte ouverte pour le Jubilé de la miséricorde, nous avons justement là une histoire de porte et de miséricorde. Car c’est bien de miséricorde qu’il s’agit :Copie de Pélé Pères Fontgombault 009

  • La misère physique de cet homme handicapé qui ne peut se mouvoir par ses propres moyens, et qui vit en situation de dépendance
  • La misère sociale de ce même homme qui ne peut emprunter le même chemin que les autres
  • La misère spirituelle de celui qui n’a pas accès au Christ, et qui est accablé de péchés
  • Et puis, la misère des auditeurs qui ne parviennent pas à concevoir que le pardon de Dieu soit si facilement, gratuitement et gracieusement offert

          Et Jésus se penche sur cette misère. Il l’accueille, il consent à être dérangé par elle, (on imagine qu’il a dû être interrompu dans son discours par ces hommes qui brisent le toit de la maison …). Il pardonne les péchés du paralytique, il le guérit, et ce faisant, donne un signe à la foule qui aide à comprendre et à croire. Jésus ne s’occupe pas de savoir si l’homme qui parvient auprès de lui est passé par une porte légitime ! Il accueille, il pardonne, il guérit, et il stimule et fortifie la Foi des personnes présente, de sorte que tout le monde finit dans l’action de grâce.

          Allons plus loin, pour dire que le déploiement de cette miséricorde du Christ est rendue possible par la miséricorde que déploient les 4 porteurs. Nous pourrions même dire que, dans ce passage, la miséricorde des porteurs rends possible la miséricorde du Christ. Il a fallu que ces 4 hommes se laissent émouvoir par cet homme paralysé, qu’ils s’engagent à son service, qu’ils aient l’audace et même du culot, qu’ils aient aussi et surtout une vive conscience de l’importance d’une proximité d’un contact avec le Christ. Ils ont pris en compte la misère de cette homme, ils s’en sont chargés, ils l’ont conduit jusqu’aux pieds du Christ, sans hésiter pour cela à ouvrir un autre accès, une autre porte.

         image028 Or, cette maison dans laquelle Jésus est présent, où sa parole est retentit, où il est possible d’entrer en contact avec lui, c’est l’image de l’Eglise, lieu de rassemblement des foules, d’annonce de l’Evangile et d’une relation avec le Christ. Cela nous interroge donc : quelles ouvertures nouvelles doit-on avoir l’audace de percer pour que tous puissent avoir accès au Christ ? Ne faut-il pas de temps en temps, consentir à démolir quelques pans de murs, pour que nul ne soit empêché de bénéficier de cette miséricorde de Dieu ?

          Pensons à ceux qui, quelle qu’en soit la raison, sont paralysés par une situation qui leur interdit l’accès au Christ par la porte des sacrements … ce n’est pas l’accès au Christ qui est interdit ! C’est juste une porte qui est bouchée, c’est la voie d’accès du plus grand nombre qui leur est impossible … alors quelle ouverture faire ? Que cela stimule nos réflexions pastorale et nos audaces missionnaires pour l’année à venir.

Père Patrick Guinnepain

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