Juin 012013
 

Action de grâce !

la-servante-des-pauvres-jeanne-delanoueC’est officiel depuis le 27 avril : la congrégation des sœurs de Jeanne Delanoue va quitter le Blanc. En attendant de leur dire au-revoir, petit rappel historique :

En 1713, les notables du Blanc, se souciant du bien public, achetèrent un corps de logis dans le faubourg Saint Lazare, au profit d’un hôpital. Le curé Jean-Marie Grasset fit alors une requête près des Sœurs de la Providence à Saumur pour confier l’œuvre à des religieuses.

Et, en 1728, Sainte Jeanne Delanoue, la fondatrice, conduisit elle-même deux sœurs ayant pour mission de soigner les malades et de donner quelques leçons aux enfants alors souvent illettrés. C’est ce que firent les filles de Jeanne tout au long de ces 285 ans. Il leur fallut subir bien des épreuves : celle de la Révolution, où après bien des hésitations, elles prêtèrent serment, afin de continuer leur mission. Bien plus tard, au moment des lois de 1902-1905, elles furent arrêtées et jugées pour avoir poursuivi illégalement leur enseignement avec l’habit religieux.

Tout au cours de l’histoire du Blanc, les sœurs ont ainsi dû faire face à diverses situations et besoins :

  • Agrandissement de l’hôpital : service d’aliénés – hôpital militaire – chirurgie – maternité – écoles d’aides-soignantes et d’infirmières.
  • Elles affrontèrent avec courage différentes épidémies : choléra, typhoïde et surtout la célèbre épidémie de variole en 1908, cela au risque de leur vie (une est décédée de la typhoïde et deux eurent la variole). Leur dévouement sans faille leur valut une reconnaissance officielle très remarquable en ces temps de déni de la religion.
  • Toujours sur le « pont » pendant les guerres, elles soignèrent sans compter les blessés d’où qu’ils viennent, n’ayant qu’un but : les sauver de la mort.
  • Les sœurs firent aussi face en matière d’éducation, en accueillant les enfants abandonnés « au tour » après  les lois de Napoléon. Elles éduquèrent ces enfants de leur mieux ouvrant maternelles et classes à l’intérieur de l’hôpital. Elles fondèrent même un ouvroir très prisé des employeurs pour l’insertion par le travail les jeunes dont elles s’occupaient, mais aussi  formant des jeunes filles de la ville.
  • En 1874, une école fut ouverte en « Ville Haute ». En 1880, quand il fut demandé de séparer l’enseignement de l’hôpital, elles développèrent avec l’aide de « bienfaiteurs » l’école de la rue de Ruffec (primaire et collège) – aujourd’hui collège Sainte Anne – un asile (maternelle), un cours commercial…
  • Pour les loisirs des jeunes, elles participèrent à des patronages, des mouvements d’Action Catholique et même organisèrent des colonies de vacances.
  • Depuis une trentaine d’années, les sœurs se sont tournées vers des activités autres, plus discrètes, mais toujours au service de la population : I.M.E. – Aide-ménagères – visites aux malades et aux handicapés, dans les hôpitaux comme à domicile – Service aux plus démunis : Secours catholique – Gens du Voyage – Emmaüs.
  • Enfin, dans le cadre d’une vie plus associatives qu’institutionnelle, les sœurs ont fondé l’antenne départementale du mouvement « Foi et lumière », pour accompagner les familles d’enfant handicapé.

Ainsi 341 sœurs ont été envoyées au service des Blancois et plusieurs y ont laissé leur vie.

Oui, la congrégation des Sœurs de Jeanne Delanoue peut s’enorgueillir d’avoir tissé avec tous les Blancois, et pour eux, une belle tranche d’histoire qui continuera à s’embellir au fil des jours par l’apport des uns et des autres, car maintenant cela devient l’affaire de tous.

Sœur Michèle Morin

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