Mai 012013
 

Le village de Preuilly-la-Ville doit sans doute son nom à un domaine agricole gallo-romain ou mérovingien, villa, autour duquel il s’est groupé.

Il est mentionné pour la première fois dans les textes en 936, dans la donation au monastère de Saint Cyprien de poitiers faite par l’évêque de Poitiers Frottier II, qui y donna aux moines plusieurs biens agricoles. Sa famille, qui détenait de grands biens fonciers dans la région, avait pratiquement mis la main sur l’évêché de Poitiers, qui se transmettait dans cette famille ; par exemple, ce sont des évêques de Poitiers de ce lignage qui firent construire le château fort d’Angles-sur-Anglin.

L’église de Preuilly est mentionnée quant à elle en 1080 ; un des membres de la famille des évêques, Geoffroy, seigneur du lieu, donne l’église et ses dépendances au même monastère Saint-Cyprien. Il faut savoir en effet qu’alors, les laïcs avaient souvent usurpé les biens ecclésiastiques, dont ils touchaient les revenus et nommaient les desservants. La Réforme grégorienne s’attacha à combattre ces désordres, et c’est ainsi qu’à la fin du XIème siècle, de nombreux laïcs rendirent à l’Eglise ses biens, assez souvent en confiant les paroisses à la gestion des monastères. L’église de Preuilly était déjà paroissiale à cette date, mais d’autres édifices ont pu précéder l’église du XIème siècle, car les villa possédaient souvent un oratoire domestique.

Depuis, ce furent les moins de Saint-Cyprien qui nommèrent le curé de Preuilly, qui touchèrent les revenus attachés à l’église, à charge pour eux de l’entretenir (ils avaient d’ailleurs un prieuré à Lurais) ; cet état de choses dura jusqu’à la Révolution.

 

L’architecture

La partie la plus ancienne du monument est le gros oeuvre de la nef, avec le clocher à arcade, qu’on peut dater du XIIème siècle. Le sanctuaire est sans doute légèrement postérieur ; quand aux deux bras du transept, qui se terminent par un cul-de-four, ils datent de la fin du XIXème siècle : la chapelle de la Vierge, au Sud, a été construite en 1890, et bénite le 8 septembre 1891, celle de saint Joseph a été bénite le 9 novembre 1892 par Dom Albéric, Abbé trappiste de Fontgombault.

A l’occasion de la construction des chapelles, le sanctuaire fut aussi restauré, et un peu plus tard, en 1897, ce fut le tour de la nef qui menaçait ruine.

La façade ancienne est entièrement masquée aujourd’hui par le logis qui y fut accolé au XVème siècle.

Dans le campanile, une des deux cloches provient de l’Abbaye de Fontgombault et porte la date de 1599, donc après l’incendie qui a ravagé l’Abbaye lors des guerres de religion (1569). Elle a été baptisé Julien (évêque du Mans, très en l’honneur à l’Abbaye dont il était le Patron, avec Notre-dame de l’Assomption), et porte deux petits médaillons de la crucifixion et de Notre-Dame. L’autre cloche a été donnée en 1891 par l’Abbé Balland, curé de la paroisse, et a été bénite le 8 février de cette année-là par Dom Albéric ; son nom : Marie-Suzanne-Charlotte.

L’église est placée sous le patronage de Saint Pierre, et en 1772, le Cardinal marc-Antoine Colonna lui fit don d’une relique de son saint Patron. Elle dut sans doute disparaître pendant la Révolution ; l’Abbé Paupelin, ancien curé de Fontgombault (de 1884 à 1891) lui fit don d’une autre relique de Saint Pierre, longtemps exposée sur l’autel de Saint Joseph. Au XVIIIème siècle, on a noté l’existence d’un pèlerinage le jour de la fête de Saint Pierre (1738).

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